
Un couteau commence par des matières. De l’acier, du bois, parfois une histoire. Mon travail consiste à leur donner une forme, une fonction et, peut-être, un peu d’âme.
Installé à Panazol, près de Limoges, je conçois et réalise mes couteaux dans mon atelier, principalement en pièces uniques et petites séries. Dès que possible, j’intègre à chaque couteau au moins un élément de récupération, afin de donner un nouvel usage à des matières qui ont déjà eu une première vie.
Du collectionneur à l’atelier
Les couteaux m’accompagnent depuis longtemps. Enfant, je les collectionnais déjà, avec une fascination particulière pour l’objet, ses mécanismes et les matériaux qui le composent.
Bien plus tard, l’installation de mon propre atelier m’a donné l’occasion de passer de l’autre côté de l’objet : non plus seulement collectionner, mais concevoir et fabriquer.
Après une première initiation au montage d’un couteau à Thiers, j’ai approfondi les techniques coutelières de forge lors d’une formation dans la Drôme, chez Couleurs de Forge. L’Âme de Pierre est née dans la continuité de ces apprentissages, avec l’envie d’expérimenter et de développer progressivement mes propres lignes.
Des pièces faites une à une
Je travaille principalement l’acier et le bois, avec une attention particulière portée aux lignes, aux mécanismes et aux finitions.
Pliants ou fixes, mes couteaux sont réalisés individuellement dans mon atelier. Certains naissent d’un dessin précis, d’autres évoluent au fil de la fabrication, des matériaux disponibles ou simplement d’une idée que j’ai envie d’explorer.
Le choix des matériaux fait partie intégrante de chaque projet : essences locales, bois récupérés, anciens outils ou aciers détournés peuvent devenir le point de départ d’un nouveau couteau.
Pourquoi l’âme de pierre ?
Le nom L’âme de pierre rassemble plusieurs histoires.
Il y a d’abord le jeu de mots entre la lame et l’âme : l’idée qu’en travaillant une matière brute, on cherche à en révéler le caractère plutôt qu’à simplement lui donner une forme.
La pierre renvoie aussi à la matière elle-même. L’acier trouve son origine dans le minerai, extrait de la roche, puis transformé et travaillé jusqu’à devenir une lame. Elle fait également écho à mon parcours de chercheur dans le domaine de la pierre, avant que la coutellerie ne prenne une place importante dans ma vie.
Enfin, la pierre porte aussi son propre paradoxe. Matière dure par excellence, associée à l’expression « avoir un cœur de pierre », elle n’exclut pourtant ni la sensibilité ni l’attention portée aux choses.
L’âme, la lame, la pierre et la matière : le nom s’est finalement imposé comme un trait d’union entre mon parcours et ma manière d’aborder la coutellerie.